Faut-il enfouir les amendements organiques ?

Par Iris Makoto

Paillis végétal, déchets broyés provenant du jardin, engrais verts, fumiers, compost, sont souvent enfouis par le jardinier dans le sol. Persuadé de bien faire, conforté par ses lectures ou par les dires des autres jardiniers ou des anciens, il ne sait pas toujours que cette pratique est controversée !


Faut-il enfouir <br />
les amendements organiques ?

Intérêts des amendements organiques


Le sol dans la nature est toujours protégé par une couche de feuilles, de brindilles, d'herbes sèches et autres déchets végétaux qui se décomposent peu à peu à sa surface sous l'action de la pédofaune mais aussi des micro-organismes et des champignons présents dans la couche superficielle de la terre.

Les amendements organiques ajoutés au sol ont la même fonction : celle de protéger et d'améliorer le sol. Ce dernier, plus vivant, va être un refuge propice au développement de ces micro-organismes mais aussi des différents vers de terre qui vivent dans des strates plus ou moins profondes du sol.
Ces amendements, une fois transformés constituent une manne fertilisante et gorgée de nutriments pour les cultures futures surtout en sol très drainé et pauvre qui en profitera d'autant plus. Si chez vous la terre est lourde et argileuse, ces amendements vont la rendre plus perméable et l'alléger.

Enfouir ou non ?


Lorsque l'on enfouit des amendements en profondeur le sol est forcément retourné. Cette pratique est de plus en plus controversée car il met à mal le substrat et ses habitants ; Chacun d'entre-eux occupe une place bien spécifique, certains en surface pour décomposer la matière organique, d'autres plus en profondeur pour aérer les strates plus profondes, les mélanger et faire la liaison entre ces deux mondes. Si le sol est retourné, l'équilibre est rompu. On comprend alors que l'enfouissement en profondeur des amendements organiques ne soit pas forcément une bonne idée. D'autant que la matière organique non transformée en humus risque de fermenter en l'absence d'oxygène invitant au passage des parasites comme les vers de taupins et de hannetons qui adorent ce genre de milieu.

Sachant cela, il devient logique de ne pas enfouir les amendements organiques mais au contraire de les étaler sur le sol en le griffant doucement sans altérer les 10 premiers centimètres et sans jamais descendre au delà. Les micro-organismes et les champignons pourront alors jouer leur rôle en présence d'oxygène, élément indispensable à la décomposition des amendements.

Quand et comment ?



Juste après vos plantations ou en automne pour préserver le sol du lessivage, étalez un paillis végétal ou du compost. Si vous utilisez ce dernier, recouvrez-le d'une couche de feuilles mortes ou de brindilles broyées.

Les engrais verts sont semés et fauchés en fin de cycle, utilisés en inter-culture, il peuvent être délicatement incorporés à la couche superficielle du sol avec une guérilu ou laissés en paillage de surface.

Le fumier, surtout s'il est frais, sera étalé sur le sol en début d'hiver et seulement griffé quelques mois après.


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