Le jardin botanique de la Tête d'Or à Lyon

Par Iris Makoto

Reconnu pour la richesse de ses collections, le jardin botanique de Lyon s'étend sur près de 8 hectares au cœur du parc municipal de la Tête d'Or. Connaissance de l'origine des plantes, préservation et découverte de la diversité du monde végétal, sont au programme !



Le plus grand jardin botanique municipal de France


Fondé en 1796 sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon, le jardin botanique fut transféré à son emplacement actuel lors de la création du Parc de la Tête d'Or en 1857.


Les collections furent alors transférées et complétées afin d'accueillir de nombreux étudiants en botanique et de faire des échanges avec le monde entier. Très impliqué dans la sauvegarde du patrimoine végétal, le jardin conserve précieusement 1 400 espèces, considérées comme menacées, et présente au public 16 000 espèces au travers de ses collections, dont certaines sont classées au CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées). A la pointe de la technologie, le jardin botanique se veut accessible et compréhensible par tous. Il propose 4 parcours en autonomie, interactifs grâce aux smartphones : "Le jardinage écologique", "les écorces", "les plantes médicinales et les milieux de vie des plantes". Des plaquettes sont aussi mises à la disposition du public proposant des visites en famille, ou en amoureux, des promenades dépaysantes, et même des circuits à faire lorsqu'il fait froid ou chaud ! Le choix est donc très vaste...

Deux espaces bien distincts


Le jardin botanique de Lyon se divise en deux espaces distincts : les zones extérieures et les 5 groupes de serres qui, depuis 1982, sont inscrites à l'inventaire des monuments historiques.
Nous traversons le pavillon d'accueil et son exposition de photographies pour pénétrer dans un ensemble de serres : plantes d'Amérique du Sud, puis de la Canopée, serre pédagogique détaillant la morphologie des plantes, suivi du pavillon aux orchidées... Le programme est déjà bien chargé !

Face à cet ensemble, la serre de Madagascar nous présente des plantes endémiques à cette île mais aussi des végétaux spécifiques aux milieux arides, capables de résister à des conditions extrêmes ! Cactées et plantes grasses rivalisent ici de beauté ! Plusieurs plantes à caudex sont représentées pour le plus grand plaisir des amateurs qui pourront admirer un magnifique sujet d'Uncarina couvert de fleurs jaunes.

Nous poursuivons notre visite par les serres tropicales humides qui présentent des collections nationales époustouflantes. Le bâtiment principal, de fer et de verre, est formé de cinq nefs dont la plus grande culmine à 21 mètres. Palmiers, bégonias botaniques, mais aussi de nombreuses espèces et cultivars de camélias se dévoilent sous nos yeux éblouis par tant de diversité de formes, de tailles et de textures.

Attenante, la serre des Pandanus, du nom d'un arbuste à l'étrange allure produisant de grandes racines aériennes, regorge de petites trésors botaniques : papayer, caféier, bambou grimpant mais aussi un beau sujet de palmier bouteille qui, dans la nature, est classé en danger de disparition critique, forment un écrin verdoyant aux floraisons des Broméliacées et à celle du spectaculaire Brownea ariza, un arbre produisant une inflorescence en boule rouge de 20 cm.

La découverte se poursuit dans la partie extérieure, dominée sur la droite par l'arboretum qui regroupe près de 300 espèces d'arbres et d'arbustes. Sa partie sud est consacrée aux conifères, alors que la partie nord, près du zoo, abrite les feuillus. Très vaste, l'arboretum borde le jardin à l'est sur près de 7 hectares !Sur la gauche, s'ouvre le jardin alpin, fier de ses 100 m² de bassins où pousse une belle collection de nymphéas horticoles. Les plantes sont réparties dans ce jardin selon leurs origines géographiques parmi les roches calcaires qui les mettent en valeur. Ici, toutes les régions tempérées du globe sont représentées.


Changement d'ambiance... Nous nous plongeons ensuite dans la bambouseraie qui présente une formidable collection de bambous aux chaumes et aux feuillages décoratifs. Encadrant les allées de leur verticalité, ils nous conduisent successivement à l'école florale abritant des parterres de vivaces, d'annuelles et de bulbeuses comprenant les fameux dahlias dont la collection est labellisée.
Non loin de là, voici le jardin d'ombre où fougères, hostas et plantes à feuillages ornementaux rivalisent de beauté, puis à la roseraie regorgeant de roses anciennes et d'obtentions horticoles plus récentes. Le plus ancien plant de la roseraie "Persian Yellow" est un ancêtre planté en 1858 !

Jouxtant la roseraie, le jardin d'hiver dévoile des plantes fleurissant durant la saison froide, parmi elles, la rose de Noël (Helleborus niger), le cerisier à fleurs (Prunus campanulata), mais aussi certains arbustes comme le Corylopsis, l'Hamamelis, le Chimonanthus, ou le chèvrefeuille.Tout naturellement, nous pénétrons ensuite dans le jardin des Lianes, dédié aux plantes grimpantes. Mises en place en 2007, les allées de ce jardin sont bordées de structures métalliques où clématites, Akébia, glycine et Rosa gigantea s'en donnent à cœur joie, partant voluptueusement à leur assaut.

Face à celui-ci, place au mystère et à la fascination ! Nous voilà dans la serre des plantes carnivores, véritables phénomènes d'adaptation à un sol non fertile. La magie se prolonge dans la serre ronde ou "serre Victoria" qui doit son nom au splendide Victoria regia, un nymphéa dont les feuilles atteignent 3 mètres de diamètre et dont la floraison est un enchantement.

Retour au plein air, en passant par l'école de botanique qui réunit des plantes indigènes aussi bien utiles qu'ornementales, tout comme les étangs présentant la flore des Dombes mais aussi des plantes asiatiques de sous-bois. Grenouilles, tritons, tortues, poissons et canards participent vivement à l'équilibre de cet écosystème.

Nous reprenons l'allée centrale pour terminer notre visite en beauté, devant une collection de majestueuses pivoines qui laisseront dans notre esprit la volonté de revenir au plus vite visiter ce jardin immense qui regorge encore de tant de secrets !

Informations pratiques


Horaires et tarif
Entrée gratuite

Jardin de plein air
octobre - mars : 8h00 - 17h00
avril - septembre : 8h00 – 18h00

Jardin alpin
mars - octobre : 8h00 – 11h30

Serres
octobre - mars : 9h00 - 16h30 / sans exception
avril - septembre : 9h00 - 17h30 / fermeture le dimanche à partir de 17h00


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