Les Jardins de la Fontaine à Nîmes

Par Iris Makoto

Au cœur de la cité gardoise, écrin de la source fondatrice de la ville de Nîmes, les Jardins de la Fontaine, offrent un lieu de promenade idéal mêlant histoire, architecture et mises en scènes paysagères.


La conception de ce jardin a vu le jour en 1745, date à laquelle Louis XV demande à son ingénieur Jacques Philippe Maréchal de mettre en valeur la source et les vestiges antiques découverts, tout en suivant le principe des jardins à la française. En résultent de larges allées symétriques où il fait bon flâner à l'ombre de marronniers d'Inde majestueux qui nous guideront au fil du chemin à la découverte de merveilles architecturales étonnamment bien conservées.


Cerné de canaux profonds charriant une eau obscure, un portail en fer forgé accueille le visiteur. La vue plonge alors en perspective sur les alignements d’arbres, ponctués de bancs, balustres, vases et sculptures. Le ton est donné : les vastes allées conduisent toutes en un point bien précis, symbolique car il constitue le berceau de la ville de Nîmes, la source dédiée au Dieu Némausus.

Construit autour de la fontaine, le nymphée met en valeur le bouillonnement des eaux. Ici, tous les ingrédients du jardin à la française sont réunis : vastes escaliers cernant une construction monumentale ornée de sculptures et de jeux d'eau, bassins entourés de façades ornementales disposées sur plusieurs niveaux, le tout mis en valeur par une végétation savamment disposée. Notons que cet ensemble inclus des vestiges antiques, dont l'ancien sanctuaire d'Auguste en son centre, et non loin de là, le Temple de Diane creusé à l'abri du mont Cavalier.Ce temple, qu'il est possible de visiter, est entouré de plates-bandes rectangulaires de buis cernant une palette de couleurs constituée des feuillages de grands coléus, à sa droite un jardin sec réunissant agaves, opuntias, aloès et yuccas, s'intègre parfaitement à l'ensemble.

De part et d'autres du Nymphée de petits chemins permettent d’accéder à la deuxième partie du jardin, celle-ci plus sauvage est constituée de plusieurs mises en scènes botaniques.
Un d’entre-eux traverse de vastes pelouses, ornées de plates-bandes colorées où les jaunes étincelants des rudbeckias font écho à la beauté originale des cléomes. Les palmiers ponctuent ici le paysage et nous conduisent vers une grotte de rocaille abritant des fougères profitant de l'ombre et de l'humidité des lieux alors que quelques aloès et autres plantes grasses s'accrochent aux parois externes ensoleillées.

La rocaille est une douce transition entre la rigueur des jardins à la française et la végétation plus libre de la deuxième partie du jardin. Ici, les grands cyprès apportent un ombrage bienvenu aux différentes scènes comme cet étonnant théâtre de verdure présentant en son centre une prairie fleurie. Ceint d'un treillage portant de lourdes bignones fleuries, il abrite quelques bancs en pierre qui permettront au promeneur de goûter paisiblement aux charmes des lieux.
Revigoré par cette halte, le visiteur pourra continuer l'ascension de la colline vers la tour Magne, autre vestige des temps passés offrant une vue imprenable sur les jardins, mais aussi la ville et ses arènes.


Tout autour, la végétation se fait plus aride ; le feuillage argenté des oliviers joue avec la luminosité de cet espace découvert. Les plantes méditerranéennes sont ici à l'honneur dans "Le Jardin de Mazet" cernés de murets en pierres sèches adoptant la
pente de la colline. Les achillées y côtoient des plantes aromatiques comme l'indispensable lavande, le romarin ou le thym, mais aussi les cinéraires maritimes, les sauges, agaves, hémérocalles et euphorbes.

Le chemin replonge alors progressivement dans l'ombre apaisante des chênes verts et des cèdres se divisant en dizaines de sentiers. En suivant l'un d'entre-eux, nous accédons au "Bassin Montgolfier", où de ventrues grenouilles se délassent sur des feuilles de nénuphars, observant paisiblement le ballet coloré des carpes koïs ondulant entre les très graphiques prêles du Japon et les lumineux iris des marais.

La descente se poursuit au travers d' un aérien jardin de graminées où les chevelures vaporeuses des carex et des fétuques bleues dansent au grès de la brise. Le sentier se fait sinueux au milieu de chênes verts et d'oliviers plus épars laissant assez de luminosité au sol pour l'implantation du "Jardin des Aromatiques" regroupant une majorité de plantes condimentaires du sud de la France : marjolaine, serpolet, thym, mélisse et romarin se laissent frôler de la main pour dégager leurs arômes suaves.

Les sentes se croisent mais ramènent toutes à la fontaine centrale. Son sommet donne un aperçu plus général sur la symétrie des jardins à la française qui déroulent leurs attraits sous nos yeux. Sur les pelouses, les nîmois profitent de ce lieu unique pour lire, bavarder ou même jouer de la guitare, pendant que les enfants s'adonnent avec ferveur à des parties de cache-cache derrières les palmiers. Certains préfèrent s’imprégner de l'ambiance des lieux autour d'un verre, le parc proposant plusieurs snacks où il fait bon se retrouver entre amis.Ce jardin remarquable, récemment labellisé par le Ministère de la Culture est un havre de paix où chacun pourra trouver un intérêt. Alors, si vous passez par Nîmes, n'hésitez pas à le visiter, vous en ressortirez enchantés !

Ouverture
- Du 1er avril au 15 sept. :
tous les jours de 7 h 30 à 22 h 00

- Du 16 sep. au 31 mars :
tous les jours de 7 h 30 à 18 h 30

Tarifs
Entrée libre et gratuite

Contacts
Office de Tourisme : 04 66 58 38 00
http://www.ot-nimes.fr

Adresse
Avenue Jean-Jaurès
30000 Nîmes






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