Le fumier

Par Isabelle Cabrit

''Prends le fumier qui est à ta porte plutôt que le terreau qui est au loin et ton champ s'en portera bien''. Voilà un dicton plein de bon sens ! Le fumier est à classer en tête des amendements organiques pour le sol. Ressource de qualité et gratuite... que du bon pour le potager. Mais attention, tous les fumiers ne se valent pas et il existe quelques règles simples à respecter pour une bonne utilisation.


Le fumier

Les richesses du fumier


Le fumier est composé, d'une part, de déjections animales et, d'autre part, de paille ou plus largement, de litière. Ce mélange se révèle être une source :

- de micro-organismes, essentiels à la transformation de la matière organique présente sur le sol (ce qui améliore sa structure et ses qualités nutritives) ;

- de fibres (paille de litière), source d'humus ;

- d'éléments minéraux, comme l'azote, le phosphore ou le potassium.
Quel amendement peut se gargariser d'être aussi complet ?

Cependant, suivant l'origine du fumier, ses qualités diffèrent.

- Le fumier de vache
Riche en matière organique, il joue essentiellement un rôle dans l'amélioration de la structure des sols. Le fumier de vache est notamment utilisé comme amendement des sols pauvres, calcaires ou sableux.

- Le fumier de mouton (ou de chèvre)
Il est plus riche en éléments fertilisants et doit être utilisé en plus petites quantités. C'est un bon amendement pour les sols argileux. C'est également un fumier qui dégage de la chaleur lors de sa décomposition et qui peut être utilisé pour la formation de couches chaudes, lors des cultures hâtées.- Le fumier de cheval
Il est souvent plus pailleux que les deux autres. Il est donc plus lent à composter, mais très efficace pour améliorer les sols argileux. Plus riche en éléments fertilisants que le fumier de vache, il l'est, cependant, moins que celui de mouton. En revanche, le fumier de cheval est un fumier très chaud, et donc très recherché pour la réalisation des couches chaudes.

- Le fumier de porc
Il est compliqué d'obtenir du fumier de porc car peu d'élevages utilisent des litières en paille. Il est cependant riche en éléments fertilisants et a un effet alcalinisant sur les sols.




- Le fumier de volaille
Riche en azote, mais pauvre en matière sèche, il est surtout utilisé comme engrais, pour nourrir le sol. A utiliser en début de culture, avec modération.

Attention : la qualité du fumier tient également à la qualité de l'élevage. Evitez de vous adresser aux structures industrielles.

Composter le fumier :
une nécessité


Le fumier ne s'utilise pas frais, car :

- Il peut être porteur de maladies, de graines, de mauvaises herbes ou de résidus de produits vétérinaires (vermifuges...) ;

- Il est lent à se décomposer (surtout s'il est pailleux) et peut provoquer une "faim d'azote".
En le compostant, vous détruisez les résidus indésirables et vous le rendez plus léger, plus "digeste" pour le sol.

Le compostage du fumier peut se faire seul ou mélangé à d'autres matières organiques. Pour le fumier fort en paille, comme celui du cheval, il est préconisé de le mélanger.

Comment procéder ?


Formez un tas de fumier et laissez le vieillir au moins trois mois. Durant ce laps de temps, brassez-le deux à trois fois pour l'oxygéner et favoriser sa transformation.


Le compost de fumier est étalé sur le sol, mûr, à l'automne et enfoui, en surface, par bêchage superficiel.

Le compost de fumier peut être, également, utilisé au printemps, comme paillis pour les plantes les plus gourmandes : rosiers, tomates...

Où trouver du fumier :




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